© P. Bastien

 

Wehrung aime peindre

 

Wehrung aime peindre. Dire une chose pareille peut paraître trop simple, trop évident. Mal venu dans une description de son travail. Non. Il aime peindre. C'est d'une forte simplicité. Recherches, couleurs, huile, acrylique, formats, traits. Ombre et lumières aussi, forcément. Il faut aussi parler de touches, touches recherches, touches réussites, toutes différentes, larges, visibles ou sensiblement intégrées dans un mouvement, un élément quelconque. Werhung aime peindre.

Ca commence par le travail d'une toile, lui donner une couleur première pour soutenir toutes les autres. Viennent ensuite trois traits à la craie, pas beaucoup plus, pour situer les premiers éléments. Viennent ensuite les vraies couleurs, celles qui se soutiendront les unes les autres, qui serviront de bases à celles qui deviendront des détails, des éclats, du lisse ou du brut. Wehrung regarde, s'éloigne, revient. Les motifs apparaissent. Main, nuages, tout ça va se conclure patiemment, surprise lente et tendue. Wehrung travail, s'éloigne encore. Il est dans l'atelier, il est dehors, un modèle est face à lui immobile, des oiseaux chantent. C'est selon, selon l'envie, le sujet, le temps qu'il fait. Peindre est un plongeon, une intense concentration mais pour Wehrung c'est aussi un plaisir, une simplicité saisissable, s'étalant peu à peu sur du chanvre rectangulaire, carré.

C'est ça peindre pour Wehrung, réfléchir aux couleurs, les soutenir avec du noir, du blanc, reculer, s'avancer, ne plus dire un mot ou écouter la radio. Calculer une distance d'un geste très classique, main tendue, pinceau dressé, les yeux à demi fermés. Tout en plaisantant avec un passant, avec le modèle. Créer tout en restant vivant, en prendre un plaisir reconnu, c'est un principe chez Wehrung.

Mieux ou plus clairement, un grand bonheur !

 

Nicolas Brizault

 

Les figures humaines de Wehrung

 

Il y a trois ans, ses splendides portraits peints, suspendus au Temple neuf, à Strasbourg, rappelaient combien Christophe Wehrung avaient encore bien des choses à nous dire sur l'art du portrait. Il touchait à une vérité intérieure, à une présence affirmée sur la toile avec une profonde humanité, par le seul langage de la peinture.

Cette fois-ci, c' est par le dessin, traité toujours sur de grands formats, que l' artiste strasbourgeois nous revient. Une série de douze " figures humaines ", ou le tracé haché du fusain révèle dans les visages et les attitudes, dans un relâchement du corps ou la tension aigüe du regard, l' empreinte de la vie. Une tension du vécu, parfois proche du pathétique, que le dessin, dans la simplicité de son langage, accentue encore. Une puissance expressive que Christophe Wehrung maîtrise absolument. Ey qui lui permet de nous parler de fragilité, de détresse, mais aussi de force et de résolution, avec une totale crédibilité.

Deux peintures -des vues d' ateliers- et quelques gravures complètent ce bel accrochage.

 

Serge hartmann